Une étude sur le climat émotionnel depuis 2011 : Tunisie, une révolution Exemplaire

Une étude sur le climat émotionnel depuis 2011 : Tunisie, une révolution Exemplaire

« Les émotions jouent un rôle essentiel dans le déroulement des mouvements sociaux et des protestations politiques. Or, les émotions stimulent un processus de partage social (Rimé, 2009). Elles déclenchent en effet systématiquement un besoin de partager avec son entourage ce qu’on a vécu. Lorsqu’un événement émotionnel frappe les gens de manière collective, ce processus se trouve considérablement renforcé. Tout le monde parle à tout le monde, et chacun réactive ainsi les émotions chez les autres, et par suite, le besoin de partager. Les événements collectifs déclenchent ainsi des réactions de communication en chaîne qui contribuent à installer un climat émotionnel dans le groupe ou la société.

Trois éminents chercheurs Rimé, B., Yzerbyt, V., & Mahjoub, A, se sont employés à mesurer le climat émotionnel en Tunisie, au cours de la révolution tunisienne et mise à l’épreuve d’une théorie classique de la révolution. Les résultats de leurs travaux viennent d’être publiés sous le titre de « Tunisie, une révolution exemplaire », dans le British Journal of Social Psychology. Les auteurs indiquent que des mesures de climat émotionnel ont été proposées aux citoyens tunisiens au cours de la révolution tunisienne. A partir du 4 mars 2011, le questionnaire a été posté sur un site Web, et ce jusqu’en Janvier 2015, moment où un important consensus national a été rencontré dans le pays. La seule interruption a eu lieu entre le 25 juin 2012 et le 16 janvier 2013 en raison de l’indisponibilité temporaire du site pour des raisons techniques.

Leaders. La langue utilisée était le français. En cliquant sur l’hyperlien vers le questionnaire d’étude, un écran invitait les lecteurs à contribuer à l’étude. Celle-ci est basée sur les questionnaires remplis entre le 4 mars 2011 et le 24 juin 2012, puis entre le 17 janvier 2013 et le 24 février 2015. Au cours de ces deux périodes, 6528 réponses ont été recueillies, avec 41,34% de répondantes de sexe féminin (voir tableau 2 pour plus de détails). Le lien du site Web a été diffusé chaque mois avec des appels de participation émis par trois sources Internet : l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de l’Université de Tunis El Manar, l’Association « Recherches et Etudes en Psychologie-Ibn Charaf », et le magazine en ligne. La langue utilisée était le français. En cliquant sur l’hyperlien vers le questionnaire d’étude, un écran invitait les lecteurs à contribuer à l’étude. Celle-ci est basée sur les questionnaires remplis entre le 4 mars 2011 et le 24 juin 2012, puis entre le 17 janvier 2013 et le 24 février 2015. Au cours de ces deux périodes, 6528 réponses ont été recueillies, avec 41,34% de répondantes de sexe féminin (voir tableau 2 pour plus de détails).

Dans cette étude, on a adopté l’Échelle de Climat Emotionnelle Perçue proposée par de Rivera et Paez, bien appropriée à l’étude des contextes de transitions sociétales–conflits, guerres, révolutions, processus de paix ou régimes de terreur. Les répondants évaluent la mesure dans laquelle les gens de leur communauté ressentent une variété d’émotions. Répondre ne leur prend qu’un court moment.

Les participants ont donc été invités à répondre en tant qu’observateurs de leur propre société. Ils ont évalué huit éléments sur des échelles à cinq degrés (0 = pas du tout ; 5 = beaucoup) précédés de la phrase : « En ce moment, dans le pays, le climat ou l’atmosphère émotionnelle est un climat de … ».  Les éléments en question étaient de type positif pour 3 d’entre eux–«d’espoir», «de solidarité et d’entraide», «de confiance dans les institutions», — et de type négatif pour 3 autres — «de peur et d’anxiété», «de colère, d’hostilité et d’agressivité mutuelle», «de tristesse, de passivité et de moral bas». Les données de chaque répondant sont regroupées selon une mesure de climat émotionnel positif et une mesure de climat émotionnel négatif.

Outre les mesures de climat émotionnel, chaque répondant a également répondu à quelques questions permettant d’évaluer son degré d’identification à la société tunisienne.

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