Tunisie – Samir Ettaïeb, ou quand le fauteuil métamorphose son bonhomme

Tunisie – Samir Ettaïeb, ou quand le fauteuil métamorphose son bonhomme

Il était, pourtant, bien apprécié par une large frange de . Il avait le verbe facile, il avait le don de convaincre, et de vaincre, sur le plan de la parole. Il était connu pour défendre bec et ongles, le citoyen moyen. Les aimaient le voir de passage sur les plateaux TV, quand il mettait en charpie les pseudo-politiciens, et mettait à nu leurs mensonges et dévoilait leurs combines, pour se payer la tête du tunisien.

Et puis un jour, il a été promu . Ministre en charge d’un dossier qu’il ne maitrisait guère. Ceux dont il s’était si bien payé la tête, l’attaquèrent sous cet angle, en prétendant qu’il ne pourrait guère réussir dans un domaine où il fallait avoir un minium de technicité pour pouvoir gérer des dossiers colossaux et qui concernent de près, la bouffe, donc la vie, du tunisien. Mais à ce moment là, Samir Ettaïeb jouissait d’un tel capital sympathie auprès de ses concitoyens, que ceux-ci n’hésitèrent pas à prendre sa défense et à clouer le bec à ses détracteurs. Ils croyaient bien faire. Ils pensaient que ce mec en valait la peine… Or ils ne se doutaient point qu’il allait leur fausser compagnie et trahir leur confiance dès le premier virage. Ce qu’il ne tarda pas à faire, laissant tomber ses supporters, et par la même occasion, ses principes qui ont fait sa gloire et sa renommée. Il a choisi de se caser en tant que champion national des Béni-oui-oui. Il a vite fait de perdre sa flemme et son verbe acerbe. Il a abandonné le combat qu’il prétendait s’être choisi, à la faveur d’une médiocre rente de Ministre et d’une vulgaire voiture de fonction.

Méconnaissable qu’il était devenu le Samir Ettaïeb. Docile, soumis, qui prend la défense de ses directeurs généraux, ou plutôt, ceux qu’il a hérité de chez son illustre prédécesseur Mohamed Ben Salem, au détriment de ses concitoyens. Il n’hésite pas à distiller les mensonges que lui soufflent ses conseillers pour faire taire ses concitoyens. Il n’a pas de scrupules de charger ses concitoyens pour couvrir les échecs de son administration.

Sa dernière trouvaille, il nous l’a livrée, ce mardi, en déclarant du haut de son piédestal, que le prix de l’eau potable en était misérablement bas, et qu’il avait ordonné de le majorer à partir du début du mois prochain. Pile poil, avec la rentrée, et l’Aïd.

Il lui fallait cacher et nier l’incompétence de ses directeurs qui n’arrivent pas à gérer comme il se doit, les ressources hydriques du pays, et qui n’ont, toujours, pas pensé à draguer les bassins de rétention des barrages, pour améliorer leur capacité. Il n’a pas eu un soupçon d’hésitation pour faire endosser la responsabilité de cette critique au pauvre citoyen, qu’il a accusé d’abuser dans sa consommation du si cher fluide. Il a, entre autres, pris l’exemple des sahéliens, qu’il a accusés d’avoir augmenté de plus de 16% leur consommation cette année. Il n’a pas hésité à jouer de la si vilaine fibre du régionalisme. Il faut qu’il a touché le fond.

Il a accusé les habitants du Sahel d’abuser de la consommation d’eau potable, omettant de dire qu’il les y a acculé, lui-même, en leur coupant l’eau du barrage de Nebhana qui leur est vitale pour irriguer leurs cultures, pour faire manger les tunisiens. Ce qui les a obligés, à se rabattre sur l’eau du robinet et encaisser les pertes dues à la différence du coût d’irrigation qui en a découlé.

Dommage, que perde à une si grande vitesse, les quelques hommes en les quels elle commençait, à peine, à faire confiance.

Il faut que le Bon Dieu nous a gratifiés de responsables politiques à usage unique. Ils ne peuvent servir qu’une seule fois, avant d’être jetés aux oubliettes.
Ramsis

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