Traversées Tatihou : Emel Mathlouthi va enchanter le festival

Traversées Tatihou : Emel Mathlouthi va enchanter le festival

Aux Traversées Tatihou (Manche), c’est le temps des concerts sous chapiteau. A Saint-Vaast, avec un bal puis une soirée celte avec Doolin’, ce dimanche. Mardi, Emel Mathlouthi sera sur l’île.

La jeune artiste Emel Mathlouthi est devenue, le symbole de la Révolution de Jasmin en Tunisie. Depuis que sa chanson Kelmti Horra (Ma parole est libre) a fait un carton sur les réseaux sociaux en 2011. Une image qui lui colle à la peau « même si, plus qu’une porte-parole, je me sens simplement citoyenne du monde comme j’espère l’avoir transmis le 12 août au concert de Carthage (Tunisie). »

Après cinq ans, ce retour sur la terre de son enfance,« face à mes compatriotes fut quasi surréaliste. Le public, auquel nous avons offert un panaché de mon premier album et du dernier, Ensen, a été incroyable. Je conserverai en mémoire le souvenir de cette magnifique rencontre toute ma vie. Le message est passé en permettant aux miens de se rendre compte que nous avons besoin de cette musique: elle fait partie de notre âme ».

Aux Traversées Tatihou, le concert n’aura pas l’ampleur carthaginoise. « On vient sous la forme d’un trio. Claviers, batterie et voix, composition qui est à la base du spectacle que j’ai pu donner en Tunisie. Avec des arrangements revus,explique Emel Mathlouthi. Et toujours ce mélange qui m’importe : la musique de mes racines, de la pop anglo-saxonne et un rien d’électro. Tout en restant concentrée sur l’essence des mots, des mélodies et de la voix. »

Emel Mathlouthi n’est jamais venue en Normandie.« Ce sera une première à Tatihou. J’aime expérimenter : avec mon dernier disque, je me suis encore plus investie. Il est plus intime, plus mélancolique aussi. J’ai creusé un sillon que je n’avais pas pu approfondir autant jusqu’ici. »

Emel Mathlouthi ne veut pas se laisser enfermer dans des clichés et souhaite apporter autre chose à sa culture musicale. Pour ce faire, elle déploie une énergie incroyable sur scène, dans ses albums et même ses clips. « Je défriche et cherche à faire découvrir d’autres horizons musicaux. Au travers de ma voix, de mon travail d’artiste et d’interprète féminine. Pour moi, comme pour les autres femmes artistes qui s’expriment, nous voulons simplement faire partie du paysage culturel et que cela aille de soi. Mon bouclier, pour franchir des étapes au sein de mon propre pays, c’est cette petite renommée internationale que j’ai pu gagner et qui, je l’espère, me permettra toujours de revenir chanter chez moi et faire adhérer les Tunisiens à mes chansons. »

Par Yann

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