Transcription du discours de M. Rajhi Taoufik, Ministre en Charge des réformes majeures

Transcription du discours de M. Rajhi Taoufik, Ministre en Charge des réformes majeures

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Gouverneurs

Madame Christine Lagarde, Directrice générale du Fmi,

Messieurs les Directeurs généraux du FMI,

Je voudrais vous remercier personnellement et à travers vous la direction et toute l’équipe-pays de la Tunisie pour son acharnement au travail pour faire réussir le programme du mécanisme du crédit élargi.

Je voudrais vous informer que le Chef du Gouvernement a reçu votre invitation pour participer à la Conférence internationale sur la croissance inclusive à Marrakech et m’avait indiqué que lorsqu’on reçoit une invitation d’un grand ami de la Tunisie comme Madame Lagarde pour participer une fête, comme celle de la conférence inclusive, chez un pays frère comme le Maroc, il faudrait bousculer votre agenda et y’aller sans hésitation. J’ai l’honneur de vous annoncer que le Chef du gouvernement participera à la Conférence malgré un agenda chargé.

La Tunisie est déjà une démocratie et dans les démocraties les gouvernements changent souvent.  Or la Tunisie est une démocratie en période de transition démocratique où les gouvernements changent plus vite. Nous avons connu depuis la révolution plus que six gouvernements et même quatre ministre de Finances pendant une année. Cependant, ce qui est constant et permanent est l’engagement ferme et irrévocable de la Tunisie pour les réformes économiques et la consolidation budgétaire.

L’engagement de la Tunisie pour les réformes structurelles s’exprime dans la quantité, la qualité et la manière de faire des réformes. Le Gouvernement vient d’adopter un programme économique et social à l’horizon 2020 qui repose sur trois piliers. Un pilier de réformes, un autre de relance et un troisième d’inclusion sociale. Le programme des réformes du pays concerne sept réformes majeures : fiscales, entreprises publiques, fonction publique, caisses sociales, système financier, système de compensation et modernisation de l’administration. Ces réformes ne sont pas superficielles mais en profondeur et même notre approche est collaborative impliquant les partenaires sociaux et politiques. La réforme des caisses est l’exemple d’une réforme où tous les paramètres sont mis en question allant de l’âge de la retraite à la péréquation tout en innovant par la diversification des sources de financement en instaurant une contribution sociale de solidarité. L’approche collaborative reposant sur l’association du syndicat et du patronat avec le gouvernement dans une commission commune qui a adopté le même diagnostic et discute des propositions des réformes montre à quel point l’approche par le dialogue est répondue en Tunisie et que peut-être la Tunisie sera le premier pays qui réforme son système de retraite avec les syndicats et non contre eux.

L’engagement de la Tunisie est aussi ferme en ce qui concerne la consolidation budgétaire pour dégager un espace fiscal nécessaire à l’Etat pour améliorer la qualité de l’enseignement, la santé l’infrastructure et l’emploi et faire face aux exigences de la révolution.

Nous avons réitéré dans notre programme économique et sociale à l’horizon 2020 notre objectif de réduire le déficit budgétaire à 3%, l’endettement en dessous de 70% et la masse salariale à 12.5%. En 2017 et malgré les chocs de l’augmentation du prix du baril du pétrole et le glissement du dinar qui ont impacté le budget de la compensation et le service de la dette, nous avons maitrisé le déficit budgétaire aux alentours de 6.1% légèrement en dessous de la LF de 2017 qui projette 5.9%.

Le gouvernement vient de remettre un projet de loi de finance 2018 au parlement qui repose sur une maitrise des dépenses publiques et un engagement de déficit budgétaire de 4.9% en dessous du niveau du programme avec le FMI qui repose projette un taux de 5.4%. Nous avons appliqué la règle de croissance zéro du budget ce qui projette une croissance globale du budget de 4.2% en 2018 comparée à une inflation de 5.8% ce qui voudrait dire une croissance négative en terme réel. Les dépenses ne vont augmenter que de 2.2% ce qui témoigne du sérieux du gouvernement en matière de consolidation budgétaire.

L’engagement de la Tunisie n’est pas simplement pour les réformes et la consolidation budgétaire mais il est aussi ferme et irrévocable dans la lutte contre la corruption et le terrorisme. Le Gouvernement tunisien ne baissera jamais les bras dans son combat contre ses deux fléaux malgré les difficultés et les couts budgétaires.

Enfin permettez-moi de vous signaler que la réussite de la Tunisie dans sa transition politique et économique est importante non seulement pour les tunisiens mais aussi pour la communauté internationale et régionale. L’alternative au modèle tunisien est connue et se trouve juste à notre porte et n’attend que notre échec pour s’y installer. La réussite de notre modèle économique  nécessite l’accompagnement du FMI à l’horizon 2020 alors soyez à nos côté dans cette marche vers la prospérité et la croissance inclusive.

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