Sihem Ayadi : J’ai appris mon limogeage sur Facebook en pleine réunion !

Sihem Ayadi : J’ai appris mon limogeage sur Facebook en pleine réunion !

L’ancienne ministre de la Jeunesse, du Sport et de l’Intégration professionnelle par intérim, Sihem Ayadi, a affirmé qu’elle n’a pas été notifiée de son limogeage à la date du 13 septembre 2021. « J’étais en réunion avec des directeurs du ministère lorsque le communiqué de la présidence de la République a été publié », a-t-elle précisé.

« On ne m’a toujours pas informé des raisons de cette décision. J’accepte d’être démise car je crois en l’alternance politique. J’ai fait preuve de dévouement et d’intégrité et j’ai la conscience tranquille… J’ai été déçue par la méthode d’annonce de la décision… Je respecte la décision du président », a-t-elle déclaré le 17 septembre 2021 sur les ondes de Mosaïque FM dans l’émission Midi Show d’Elyes Gharbi.

Certains individus ont affirmé que le limogeage résulte de la signature d’un accord entre le ministère et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) sans informer la présidence de la République ou le ministère des Affaires étrangères.

A ce sujet, Sihem Ayadi a expliqué que ce projet est consacré aux zones défavorisées. Un accord de principe avec l’ambassadeur américain à ce sujet avait été conclu bien avant le 25 juillet 2021. « Je ne pense pas que ça soit la raison de mon limogeage car je suis certaine que le président de la République est préoccupé par la situation dans ces régions… On peut remarquer cela dans ses discours », a-t-elle affirmé.

 

 

 

Sihem Ayadi a, aussi, rappelé qu’elle était la seule ministre à avoir annulé les mesures de protocole. « Je n’avais pas de chauffeur. Je me déplaçais en voiture et non pas en avion… Je n’ai pas essayé de me mettre en valeur. J’ai souligné l’absence de l’Etat dans les régions rurales », a-t-elle avancé.

« Après le 25 juillet 2021, on m’avait conseillé de rester discrète. Je ne peux pas le faire. J’ai continué à fournir les mêmes efforts. J’éprouve de l’amertume face à la façon dont j’ai été limogée… Je voudrais voyager pour voir ma fille. Or, je ne peux pas le faire parce qu’on va présumer que j’essaie de m’enfuir ! », a-t-elle déploré.

Sihem Ayadi a, également, précisé qu’elle était à la tête d’un ministère chargé des sports, de la jeunesse et de la formation professionnelle. Ces départements souffrent de plusieurs problèmes, selon elle. Pour ce qui est des fédérations sportives, Sihem Ayadi a révélé que plusieurs structures n’avaient pas de rapports financiers ou de pièces justifiant les dépenses.

« Le sort de vingt des trente millions de dinars qui leur sont dédiés dans le budget du ministère nous est inconnu ! C’est pour cela que j’ai procédé à la dissolution de huit fédérations. Nous nous sommes basés sur les rapports de l’inspection générale du ministère. Nous avons même transmis les dossiers au ministère public. Tout cela a été fait en mars et avril 2021. Entre 35 et 40 fédérations doivent êtres dissoutes pour les mêmes raisons ! », s’est-elle exclamée.

Sihem Ayadi a, aussi, précisé qu’elle avait fait appel au Contrôle Général des Finances (CGF).

« En tant que ministre, je me suis retrouvée dans l’obligation de gérer plusieurs dossiers et dépassements au lieu de me focaliser sur l’élaboration d’une stratégie ou d’une vision », a-t-elle déploré.

« Il y a eu un conflit avec le Comité Olympique depuis ma prise de fonction… J’ai refusé de débloquer la prime de préparation d’une valeur de 5,6 millions de dinars. J’ai refusé d’ octroyer cette somme au Comité Olympique pour qu’il la transfére ensuite aux fédérations sportives. Le ministère ne doit pas déléguer ses prérogatives », a-t-elle affirmé.

Par la suite, Sihem Ayadi a considéré qu’elle s’oppose à permettre au président du Comité Olympique de gérer cette somme en raison de ses ambitions politiques.

« Il y avait un blocage au niveau du ministère puisque mon prédécesseur n’avait pas débloqué les fonds nécessaires aux athlètes. J’ai transféré l’argent aux fédérations sportives, tout en assurant une traçabilité des transactions et des dépenses », a-t-elle assuré.

Pour ce qui est de la Fédération Tunisienne de Football, Sihem Ayadi a affirmé que le dernier rapport du Haut comité de contrôle administratif et financier, relevant de la présidence de la République, nie l’existence de dépassements ou d’infractions quant à la gestion des fonds.

En ce qui concerne le Croissant Sportif Chebbien, Sihem Ayadi a expliqué que son prédécesseur aurait pu intervenir pour résoudre la crise. « Il a refusé de le faire. Par la suite, et après ma nomination, il a commencé à critiquer l’absence d’initiative de ma part. Or à ce moment-là, le tribunal arbitral du sport (TAS) s’était saisi de l’affaire… On m’a écarté de l’affaire lorsque j’étais secrétaire d’Etat », a-t-elle critiqué.

Enfin, Sihem Ayadi a assuré qu’elle compte achever les projets entamés lorsqu’elle était ministre.

 

S.G