Perspectives: Arrêtons le gaspillage industriel ! Par Chokri GHARBI

Perspectives: Arrêtons le gaspillage industriel ! Par
Chokri GHARBI

Le gaspillage industriel ne cesse de gagner du terrain au fil des ans. Il suffit de se rendre dans les décharges pour constater ces quantités de tissu, de plastique et de carton, jetées pêle-mêle sans récupération par les sociétés de recyclage. Le gaspillage veut dire, en fin de compte, l’utilisation de matières premières achetées en devises en surplus. Pourtant, le chef d’entreprise pourrait acheter le juste nécessaire pour avoir un gaspillage zéro et éviter ainsi des pertes financières à l’entreprise. Ce côté est souvent négligé par l’entreprise qui s’intéresse uniquement au produit fini, aux marchés à la valeur de vente, sans accorder l’importance requise à la question du gaspillage. Dans le secteur du textile, par exemple, les ouvriers utilisent d’importantes quantités de tissu pour la fabrication d’habits et jettent le reste à tour de bras. Il est nécessaire d’effectuer des mesures exactes en vue d’utiliser les quantités dont on a réellement besoin. Ces quantités en surplus constituent des points noirs dans les décharges, vu leur enfouissement difficile, car elles ne sont pas biodégradables.

De plus, ces quantités de matières premières coûtent des sommes colossales qui sont supportées  par les chefs d’entreprise. Ces derniers ont le devoir de sensibiliser et d’informer les ouvriers dans le cadre de sessions de recyclage pour leur faire comprendre que le gaspillage ruine l’entreprise et contribue à la pollution de l’environnement. Un contrôle étroit devrait également toucher les ouvriers lors de leur travail dans l’atelier pour savoir s’ils appliquent bien les recommandations formulées et relatives à l’utilisation rationnelle des matières premières. Souvent, les ouvriers ne sont pas assez encadrés par le chef d’équipe.

C’est une occasion alors pour utiliser de grands pans de tissu pour la fabrication d’un article ne nécessitant que quelques mètres. C’est le cas aussi dans d’autres unités de fabrication, comme ceux des matériaux de construction, où de grandes quantités de plâtre, de verre, de faïence et autres sont jetées. C’est vraiment dommage de constater ces tas de déchets dans les décharges ou à proximité des unités de production qui sont parfois utilisés par les chiffonniers pour aller les utiliser par leurs propres moyens et les revendre aux consommateurs. Une décision radicale devrait être prise par les chefs d’entreprise pour arrêter, une fois pour toutes, la production de ces déchets qui coûtent beaucoup à l’entreprise, car ils sont achetés du marché international au prix fort et payés en devises. Le cours de ces matières premières connaît régulièrement des fluctuations avec souvent des révisions à la hausse qui sont supportés par la trésorerie de l’entreprise qui est appelée à être plus compétitive au niveau de la gestion des matières premières, dont l’utilisation devrait être optimisée. Cette action d’optimisation est un effort commun qui doit concerner tout l’effectif depuis le plus petit ouvrier jusqu’au cadre. C’est une mentalité qui devrait être enraciné chez ces ouvriers pour qu’ils évitent le gaspillage.