Iteb Akaïchi, réalisateur, à La Presse : «Le format numérique est une ouverture vers le monde»

Iteb Akaïchi, réalisateur, à La Presse : «Le format
numérique est une ouverture vers le monde»

Iteb Akaïchi, jeune bloggeur, se lance dans la réalisation et vit le tournage de son premier long métrage «Sans reproches», comme un défi qu’il essaie de relever dans un contexte sanitaire très difficile. Rencontre avec un jeune talent ambitieux.

Le tournage de ton premier long métrage est toujours en cours. Un projet qui avance doucement, mais sûrement au gré de la crise sanitaire. Peut-on en savoir plus ?

Le tournage effectivement a déjà commencé, mais à cause des conditions covid-19 difficiles que nous vivons, nous l’avons reporté pour début septembre 2021. Une décision mûrement réfléchie et raisonnable soutenue par l’Etat. En vrai, l’équipe du film décide de restituer une salle de cinéma abandonnée à Beb Souika. Une initiative d’ailleurs que nous verrons filmer dans le long métrage et incluse dans le scénario. Le synopsis tourne autour de cette reconstruction. Ce qui est sûr c’est que la salle restera ouverte et accessible pour de vrai au public après la sortie du film. D’un point de vue scénaristique, les événements se dérouleront autour de la réhabilitation de ce lieu : que va-t-il arriver aux personnages ? Qu’est-ce qui va surgir ? Quelle aventure vont-ils vivre ? C’est ce que vous allez toutes et tous découvrir sur les écrans. Par ailleurs, nous assisterons à la réouverture de cette salle de cinéma en vrai, qui sera, je le rappelle, en même temps le lieu de tournage central du film «Sans reproches» («Doun Iteb»), et elle drainera public et jeunes du quartier sur le long terme. Un projet, qui a deux vocations au moins, deux en un, et que nous tenons à réaliser. Mon film est un huis clos d’horreur, c’est vrai, et je le vis comme un défi.

Tu seras derrière la caméra. Pour le casting, qui sera à l’affiche ?

Il y aura des têtes d’affiche mais également des jeunes moins connus mais pour la plupart issus du théâtre. J’ai pensé le faire avec seulement des jeunes talents montants mais je me suis dit… pourquoi ne pas fusionner, au final, notamment afin de mieux attirer le public, vendre et diffuser ?

Il s’agit donc de ton premier long-métrage. Peux-tu nous parler davantage de tes débuts ?

J’ai déjà à mon actif un court métrage réalisé en 2015 pour Ooredoo et qui s’appelle «Le sandwich». Il a pas mal tourné et sera disponible sur une plateforme en ligne prochainement, peut-être Youtube ou autre. J’ai été surtout bloggeur/créateur de contenu, président de l’Association des jeunes Tunisiens. Avant de toucher au cinéma, j’ai surtout été dans la communication, approché les médias, la société civile. Sur le tas, on se retrouve en contact avec énormément de gens. Ma passion ultime reste le cinéma et je me focaliserai désormais sur cela.

Comment comptes-tu contourner les difficultés liées au covid-19 ?

Je suis entouré et soutenu par des sponsors qui me connaissent depuis l’âge de 17 ans. Ils m’accompagnent et m’aident à avoir un budget correct afin d’avancer, de percer… Je suis soutenu et confiant, surtout quand je me fais ma propre équipe, celle de la production notamment. Je reste gagnant, et ainsi on pourra aboutir à un budget correct. On voudrait viser le digital, le numérique à long terme et faire ainsi vivre les productions. C’est une manière de s’adapter,de vendre qui est dans l’air du temps, proche des normes internationales. Le format numérique est une ouverture vers le monde. Ma grande passion, c’est être dans la réalisation, et je le vis actuellement. Je jubile à l’idée de voir naître un projet et de l’accompagner de la conception jusqu’à la fin.