Distribution dans les salles de cinéma tunisiennes : Entre promesses et navigation à vue

Tant bien que mal, les salles de cinéma ont repris leurs activités avec un taux de fréquentation qui a enregistré une forte baisse par rapport à l’année dernière. Au mois de septembre, c’est la reprise de la haute saison, mais les salles naviguent toujours à vue.

«Catastrophique», selon le distributeur et exploitant Lassaâd Gobantinti, la situation des salles de cinéma depuis la crise de la Covid-19, «même le soutien promis par le ministère des Affaires culturelles prévu pendant la crise   avec le fonds de relance ne nous est pas parvenu. Nous avons fermé nos portes depuis le 14 mars et jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous n’avons rien reçu. Nous avons été informés que nous allons recevoir ce montant par tranches et je ne comprends pas pourquoi par tranches si le mal est déjà fait. Mais dans les deux cas, nous n’avons rien eu de ces promesses ». Côté fréquentation, selon Lassaâd Gobantini, celle-ci a baissé de 80% par rapport à la même période de l’année dernière. De son côté, le distributeur Kais Zaied (Hakka Distribution) assure que la fréquentation des salles de cinéma a baissé d’au moins 50% par rapport à la même période de l’année dernière. « En général, cela ne marche pas du tout. On l’a vraiment sentie cette crise. Cependant, nous avons fait des efforts pour sortir des films dès la reprise comme ‘‘It Must Be Heaven’’ de Elia Suleiman, ‘‘l’infirmière’’ de Kôji Fukada ainsi que des films pour enfants. Et il fallait le faire puisque nous sommes engagés dans ces films et nous devons également animer les salles avec de nouveaux films. Il y a des films qui ont marché plus que d’autres comme celui de Elia Suleiman par exemple». Côté fonds de soutien, ce distributeur attend aussi la concrétisation. «Il y a eu des promesses, des discussions, des allers-retours et même un accord mais, concrètement, nous n’avons rien reçu, ajoute-t-il. On sait qu’il y a des processus bureaucratiques, mais entre-temps il y a des engagements que nous devons honorer. Pour payer les charges et les salaires et les taxes, il a fallu avancer de nos propres fonds. Nous sommes au début de la haute saison que nous avons attaquée avec Fathallah TV. Dans notre métier, il y a beaucoup d’anticipation, des mois à l’avance et on ne peut pas prévoir à chaque fois ce qui va se passer avec la crise sanitaire. Pour le moment, on navigue à vue»