C’est officiel : La Tunisie parmi les moutons noirs de l’UE, qui elle n’en a aucun !

C’est officiel : La Tunisie parmi les moutons noirs de l’UE, qui elle n’en a aucun !

“La Tunisie a refusé mardi officiellement une demande faite par l’Union Européenne (UE) de suspendre les avantages fiscaux accordés aux sociétés totalement exportatrices (offshore), a fait savoir une source gouvernementale, à l’agence TAP.

Et d’ajouter que notre pays s’est déclaré déterminé dans une correspondance adressée à l’UE à continuer d’octroyer ces avantages, afin de préserver le tissu industriel et la pérennité des postes d’emploi.

La même source a fait savoir que cette demande faite par l’UE s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par nombre de pays européens pour réduire l’implantation de leurs sociétés industrielles en Tunisie.

Et d’affirmer que “la Tunisie refuse toute interférence dans sa politique fiscale de la part de qui que ce soit“, tout en assurant qu’elle ne “sera en aucune façon, un paradis fiscal“. Manifestement la réponse du berger à la bergère a très peu été du goût de l’Union européenne, car presque au même moment ces Messieurs et Dames des Finances de l’UE (28 au total) étaient en conclave à Bruxelles pour pondre une liste «liste noire» de 17 paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières. Le Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et la Tunisie ont été épinglés. A signaler que les ministres des Finances se sont également mis d’accord sur une seconde liste de pays qui se sont engagés à améliorer leurs pratiques. «Il y a 47 pays sur une liste grise», a fait savoir le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, dans une déclaration rapportée par Lefigaro.

La Tunisie paye chère sa bravade. L’UE, grand bienfaiteur devant l’Eternel, ne s’attendait certainement pas à cette réponse cinglante de la part de la “petite” Tunisie pour qui elle a tant fait depuis la Révolution. Le problème c’est que justement ce que demandait le Mécène du berceau du printemps arabe, c’est de faire payer plein pot les sociétés européennes qui se sont réfugiées en Tunisie, ce qui équivaut, de fait, à scier la branche sur laquelle elle est assise. Peut-on raisonnablement demander cela à une économie exsangue, bringuebalée depuis le 14 janvier 2011 ? Assurément non ! Par ailleurs l’UE n’a pas balayé devant sa porte et a refusé, avec force annonces, de placer un seul pays européen sur la liste. Pourtant toute la compagnie est très loin de pouvoir montrer patte blanche sur les questions de fiscalité, d’optimisation fiscale, comme ils disent, pour ne pas dire le mot qui fâche : Paradis fiscal. Ainsi, il faut le savoir, et le claironner sur tout les toits : l’Europe, très officiellement, n’a aucun paradis fiscal en son sein. Si vous voulez voir un de ces moutons noirs, il faut aller voir ailleurs. Circulez, y a rien à voir !

L’UE et la Tunisie, à certains égards, ont de drôles de relations. On se rappelle tous de la liste d’exigences longue comme le bras que les parlementaires européens avait jetée à la face des élus tunisiens qui étaient allés plaider la cause du Plan Marshall. Le président du Parlement européen a dernièrement agité sous le nez de la Tunisie la carotte du statut privilégié, mais cette fois avec de vrais programmes, de vraies aides, et pas des chimères derrière lesquelles la Tunisie court depuis des décennies. Dire tout cela, le marteler et placer par la suite la Tunisie dans cette liste, avec des conséquences incalculables sur son économie, est pour le moins contradictoire. Mais les relations avec l’UE sont ainsi. Il faudra manifestement faire avec. Sauf si la Tunisie et les pays africains dans leur ensemble avaient la bonne idée de mettre en place une vraie Union africaine, enfin, et d’être, enfin, les maitres du jeu, ce que nos immenses ressources et notre démographie nous permettent très largement !

Par Souleymane

africanmanager.com