Blasphème : Emna Chargui devant le tribunal aujourd’hui

Blasphème : Emna Chargui devant le tribunal
aujourd’hui
La troisième chambre correctionnelle près le Tribunal de première instance de a décidé, jeudi, de saisir l’affaire de la bloggeuse Emna Chargui au 13 juillet prochain pour délibérations, fait savoir Mohsen Dali, substitut du procureur de la République et de cette juridiction. Le 29 mai dernier, la même chambre avait décidé le report, au 2 juillet 2020, le de cette bloggeuse.

Le 2 mai 2020, Emna Chargui, 27 ans, a partagé une photo sur Facebook qui contenait un texte satirique reprenant les codes d’un verset coranique et portant sur la pandémie de COVID-19.
Cette publication a déclenché une réaction très vive sur les réseaux sociaux de la part d’internautes qui l’ont trouvée offensante et ont appelé à sanctionner Emna Chargui.

Le 4 mai, elle a été convoquée par la judiciaire qui l’a interrogée, le lendemain, en présence de son avocate.

Le 6 mai, elle a comparu au tribunal devant le bureau du procureur qui n’a pas autorisé son avocate à l’accompagner. « Sans que personne ne lui soit présenté et sans savoir qui était le procureur, elle a été interrogée pendant une demi-heure par un groupe de sept membres du bureau, notamment au sujet de sa foi », lit-on dans le texte de la déclaration d’Amnesty International.

Le 6 mai, le procureur du tribunal de première instance de l’a inculpée « d’ incitation à la haine entre les religions » par des moyens hostiles ou la violence, et d’ « outrage à des autorisées« , au titre des articles 52 et 53 du décret-loi relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition. Ces infractions sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant aller jusqu’à 2000 dinars .

Plusieurs organisations tunisiennes des droits de l’homme, dont, notamment, la Ligue tunisienne pour les droits de l’homme et le Comité supérieur des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ont affirmé leur soutien à la bloggueuse Emna Chargui et dénoncé « le harcèlement judiciaire » dont elle est victime.

Elles ont exprimé, dans une déclaration commune, le refus de toute de restreindre les libertés, garanties par la de 2014.